Fou ou magicien?

Enigme 1 :

Ferdinand était encadré de deux hommes, tous deux de blanc vêtus. Le couloir dans lequel ils marchaient était immaculé, aseptisé. Leurs pas résonnaient sinistrement. S’écoulèrent ainsi plusieurs minutes : ils traversaient des salles toutes semblables, empruntaient des corridors interminables.

C’était l’établissement psychiatrique de Sainte Clotilde, dirigé par le docteur Gunberg depuis trente ans, aidé de dix infirmiers et infirmières. Dans l’établissement, il n’y avait jamais plus de cinquante pensionnaires, que des hommes tous différents les uns des autres, tous aussi fous. Les cas les plus graves disait-on… La plupart étaient là depuis le plus jeune âge. Certains disaient que Gunberg, au fil du temps était lui aussi devenu dérangé.

Les deux infirmiers s’arrêtèrent devant une porte qu’ils ouvrirent sans frapper, puis firent entrer Ferdinand, qui avança sûr de lui dans la pièce. Plaquée de boiseries sombres et ornée de tableaux baroques, elle tranchait incroyablement avec les reste de l’hôpital. Assis derrière un large bureau, se tenait Gunberg. Il se leva et commença, avec une voix de stentor :

Alors voici le dernier arrivé. Ferdinand… Fernaud c’est cela?

L’intéressé acquiesça, le regard fixe. C’était dans les habitudes du chef des lieux d’accueillir chaque nouveau client, comme il les appelait. Pour le nombre restreint qu’il avait, il pouvait bien se le permettre.

Si j’en crois votre dossier, vous êtes sujet à des hallucinations fréquentes. Mais elles n’affectent pas votre comportement, vous restez calme. Et… vous dites posséder un « pouvoir de vision » pour reprendre vos paroles, comme personne autre?

C’est exact, mais jusqu’alors, personne n’a voulu me croire. Voulez-vous une démonstration?

Le docteur haussa les sourcils, surpris. Mais un sourire éclaira son visage, et il répondit :

-Ce serait avec grand plaisir! Si je vous demande d’aller chercher quatre pensionnaires, un par un, pourriez-vous le faire? Le premier est nommé Marc Formento. En êtes-vous capable ?

-Bien sûr.

-Magnifique! Tous sont en ce moment en train de manger, allez les voir et ramenez-moi cet homme.

Ferdinand sortit, surveillé de près par les deux médecins qui le suivirent jusqu’au réfectoire. Là, le soi-disant magicien se dirigea sans hésiter vers
un homme mince, squelettique qui tremblait de tous ces membres. Il revint avec lui dans le bureau

Bien, maintenant allez chercher José Anglade.

Il sortit une nouvelle fois, et cette fois s’arrêta sur le seuil du réfectoire, hésitant. Il ferma les yeux, se concentra, et alla à la table d’un homme passablement gros, l’air triste, pathétique. Celui-ci se leva, maussade et suivit Ferdinand. Lorsqu’ils arrivèrent dans le bureau de Gunberg, celui-ci affichait un large sourire.

Incroyable! Le troisième est Andreï Ivanov.

Encore une fois, Ferdinand rejoignit le réfectoire. Cette fois l’effort qu’il procura sembla énorme. Ses poings étaient serrés, son front se plissait et des spasmes le secouaient. Enfin, il se décontracta et désigna du doigt un individu musclé, haut de près de deux mètres, seul à sa table. Et pour cause, il semblait prêt à frapper tout ce qui bougeait. Les deux accompagnateurs réussirent cependant à l’amener devant le chef de l’établissement, qui déclara :

Non, ce n’est pas possible! Comment faîtes-vous? je veux vous voir faire, je veux vous voir trouver le dernier des quatre. Son nom est Paolo Molinari.

Ainsi Gunberg accompagna Ferdinand. Lorsqu’ils arrivèrent dans la salle à manger, Ferdinand mit ses doigts sur ses tempes et sembla entrer dans une sorte de transe. Des gouttes de sueur commencèrent à perler sur son front. Le Docteur, s’affolant s’exclama :

Arrêtez-vous, mon dieu! Ne vous tuez pas pour cela. Tenez, je vais vous aider. Molinari est celui qui n’arrête pas de sauter comme un singe à l’autre bout de la salle.

Les deux infirmiers allèrent chercher le pensionnaire en question et le ramenèrent. Tous repartirent dans le bureau. Les quatre hommes étaient alignés le long du mur, l’un tremblant, l’autre maussade, l’autre le visage rouge de fureur, le dernier poussant de petits cris suraigus. Gunberg, avec un air solennel, questionna :

Messieurs, êtes-vous bien Marc Formento, José Anglade, Andreï Ivanov et Paolo Molinari?

Tous à l’unisson répondirent oui, plus ou moins audiblement. Le maitre des lieux se tourna vers Ferdinand, pas encore remis de ses efforts, et lui dit :

Je n’avais jamais vu ça auparavant. Je ne l’oublierai pas!

Et chacun repartit. Alors que les deux infirmiers partaient à leur tour, le docteur leur adressa un clin d’oeil. Quand la porte eut claqué, il se mit à rire à gorge déployée. Lorsque, quelques minutes plus tard, il se fut calmé, il se dit à lui-même :

Ce nouveau est vraiment fou, en effet…

Sachant que Ferdinand n’a aucun pouvoir magique, que les infirmiers le l’ont pas influencé dans ses choix, qu’il n’avait jamais vu auparavant les quatre pensionnaires, que ces qutre ci n’ont pas menti quand on leur a demandé si les noms donné par Gunberg étaient bien les leurs, que la logique seulement vous permettra de trouver la solution, comment cette histoire peut-elle avoir un sens? Bonne réflexion!

 

Fou ou magicien? dans Enigmes doc Solution

 

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